samedi 7 janvier 2012

Abolition de l'esclavage, le 16 pluviôse an 2 (4 février 1794)

Cachet de la Société des Amis des Noirs en 1788.
Code Noir, édition de 1742.
Dans nom la République ~ Proclamation ~ Nous, Léger-Félicité Sonthonax, Comissaire Civil que Nation Française voyé dans pays-ci, pour metté l'ordre & la tranquillité tout-par-tout. Le 29 Août 1793, l'an deuxième de la République.

Nicolas de Condorcet / Auteur : Jean-Baptiste Greuze au XVIII° siècle.


Portrait de l'abbé Grégoire / Auteur : Pierre-Joseph-Célestin François.
Décret de la Convention Nationale, Du Seizième jour de Pluviôse l'an deuxième de la République française une et indivisible. ~ La Convention Nationale Déclare que l'esclavage des nègres dans toutes les Colonies est aboli, en conséquence elle Décrète que tous les hommes sans Distinction de couleur, Domicilié dans les Colonies sont Citoyens français et jouissent de tous les Droits assurés par la Constitution. Elle renvoie au Comité de Salut Public pour lui faire missionner un rapport sur les mesures à prendre pour assurer l'exécution du présent décret.
L’abolition de l'esclavage par la Convention, le 16 pluviôse an II / Auteur : Nicolas-André Monsiau en 1794.

Réjouissances à l'annonce de l'abolition de l'esclavage. 30 pluviôse an II (18 février 1794) / Auteur : Inconnu en 1794.
Portrait de Jean-Baptiste Belley / Auteur : Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson en 1798.
Léger-Félicité Sonthonax / Auteur : Inconnu.
le Nègre Armé / Légende : Décret de la Convention qui rend la liberté aux hommes de couleur / Auteur : Mademoiselle Rollet en 1794.
Toussaint Louverture / Auteur : Nicolas-Eustache Maurin.


Estampe représentant un esclave noir habillé en révolutionnaire. Il est écrit en médaillon « Moi Libre aussi. » / Auteur : Louis Boizot en 1792.
Estampe représentant un esclave noir habillé en révolutionnaire. Il est écrit en médaillon « Moi Libre aussi. » / Auteur : Louis Boizot en 1792.
Allégorie de l'Abolition de l'esclavage / Auteur : Inconnu.

Bonus Musical*


                                   


La liberté des nègres est tirée du recueil de Chansons patriotiques : chantées, tant à la section des Tuileries, que sur le théâtre du Vaudeville, par le citoyen Piis, an II (1794), p.32. Il est consultable sur Gallica. Cette chanson a également été imprimée sous le titre La liberté de nos colonies, vaudeville républicain chanté à la section des Tuileries le 20 pluviôse (voir sur Gallica). Antoine-Pierre-Augustin de Piis (1755-1832), l'auteur, est le fils de Pierre-Joseph Varennes, chevalier de Saint-Louis et baron de Piis, major au Cap et propriétaire au Dondon à Saint-Domingue, cité dans la Description Topographique, Physique, Civile, Politique Et Historique De La Partie Française De L'isle De Saint-Domingue, de Moreau de Saint-Mery (1796-1797). Descendant de colon, Antoine-Pierre-Augustin de Piis connaît bien les questions de la traite négrière et de l’esclavage dans les colonies.

Cette chanson a été interprétée le 20 Pluviôse-8 février 1794, soit quatre jours après la réception de la délégation de Saint-Domingue à la Convention et la proclamation de l’abolition -sans condition- de l’esclavage dans toutes les colonies françaises. Il s"agit du "sage décret" dont il est question dans le premier couplet. Quant au second couplet qui associe les deux révolutions, celle de Saint-Domingue et celle de France, on en trouve une belle représentation dans le bonnet de la liberté qui sert de logo à Révolution Française.net.
L'air choisi a été composé par François Devienne (1759-1803), surnommé le "Mozart français". Il est tiré d’un de ses opéras Les Visitandines dont la première est donnée au Théâtre Feydeau le 7 août 1792. Le morceau est mieux connu sous le nom de Dans cette maison à quinze ans ou Air des Visitandines. On notera que le texte de cette chanson figure dans le corpus de l’épreuve optionnelle de musique du baccalauréat 2009.